Les challenges de dictée

Le challenge de dictée est organisé chaque année par la fédération de l'Oise.

D'abord à l'échelon local où sont sélectionnés les concurrents ayant fait moins de 5 fautes, puis à l'échelon de la fédération de l'Oise et finalement au niveau national.


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Critères de correction

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Saison 2015-2016.

Echelon local, à Sissonne le 10 décembre 2015.

Nombre de participants : 14

La dictée :

La Loire

Elle roule, coule, s'enroule la Loire, tendre ou impétueuse, entre vals et prés. Ni les donjons qui s'y sont reflétés, ni les gentes dames qui s'y sont mirées, ni les amoureux qui y ont canoté n'ont réussi à la canaliser. Est-il né, celui qui, ès qualité, la domptera ? Troublante maîtresse ou fascinante traîtresse que nul n'apprivoise, la Loire affouille son lit en tourbillonnant.

Tantôt elle serpente sauvage, inondant les champignonnières, effrayant les martins-pêcheurs, charriant tout sur son passage. Tantôt empreinte d'une douceur toute angevine, elle caresse les vignobles, effleurant quelques ceps tortus, et berce les gabares et les plates.

… Sur quelque mille kilomètres, du mont Gerbier-de-Jonc jusqu'à la mer, admirez, au-dessus des remous, le vol des aigrettes et grèbes huppés ; voyez, sur les lieux plains, les alluvions accumulées, mais surtout, gardez-vous d'emprunter les bancs de sable. Méfiez-vous encore des crues qui envahissent les chemins de halage. Réfugiez-vous plutôt près des coteaux, dans une habitation troglodytique. Car perfide est la Loire : mieux vaut découvrir ces appas du haut des levées que d'être trop à ses pieds.

Résultats :

Nombre de sélectionnés pour l'échelon départemental : 5

Echelon départemental, à Avrechy (60) le 9 février 2016.

La dictée :

La ronde des chansons

On a tous, un jour ou l'autre, un petit air qui trotte dans la tête et qui colle aux basques… Il est passé par ici, dans cet îlot de verdure où un zeste de jazz a envoûté des badauds ébouriffés par des brises friponnes. On l'a retrouvé là, sur une piste de danse où les fanas des musiques disco et les accros du raï et du rap se sont déhanchés à l'envi.

Enfin, tel un pied de nez, il bondit d'une mansarde dans une venelle, et hop ! repart comme une ritournelle.

Quels que soient le jour et l'heure, partout, on susurre, on murmure, on sifflote, on marmotte, on chantonne, on fredonne…

Et la chanson va son chemin. Combien d'écoliers, à Caen ou à Sète, se sont fait la voix en ânonnant des comptines ressassées ? Bénis soient les chœurs et les maîtrises qui, avec des sol et des do, ont sauvegardé le vieil art choral ! Merci aux pèlerins et aux troubadours, vêtus de seyants pourpoints, qui se sont produits avec des cithares, des lyres ou des luths devant des mélomanes tout égayés qui en oubliaient le faix des soucis. Et chapeau aux boute-en-train du vingt et unième siècle qui, demain, quelque amateurs qu'ils soient, s'époumoneront à interpréter, lors d'époustouflants karaokés, les tubes des hit-parades : autres temps, autres mœurs !

Alors, vous aussi, chantez des ballades ou des plains-chants, des opéras rock, ou encore l'hymne national, dans ce pays où tout commence et tout finit par des chansons !

Résultats :

Avrechy (60) le 9 février 2016
Quatre sissonnais se classent parmi les sept premiers.


Sélectionné pour l'échelon national : Renel LEROY

 

Avrechy (60) le 9 février 2016

Echelon national à Deauville (14) en juin 2016.

Le concours de Dictée 2016 a confirmé le succès de ce rendez-vous des amoureux de la langue française. Plus de 40 finalistes étaient réunis aux jardins de Deauville dans une ambiance détendue.

La dictée :

Le bouilleur de cru (Christiane Bachelier)

Dans les années soixante-dix, à quelque deux cents mètres de l'école de la Brèche-aux-Loups, près d'un terrain embroussaillé aujourd'hui occupé par un gymnase, dès l'automne s'installait un personnage hors du commun : le bouilleur de cru, équipé de son alambic qu'il acheminait d'un village à l'autre.

Sa venue était guettée par tous ceux qui possédaient un verger, si petit fût-il. Lors de la cueillette, les fruits abîmés, talés, voire écrasés, étaient mis à macérer dans des tonneaux où ils fermentaient ; le moût viendrait ensuite emplir l'antique cucurbite pansue dont les parois noircies seraient léchées par les flammes d'un feu d'ormeau, de frêne ou de prunellier.

La machine fume, suffoque, glougloute. Du chapiteau qui coiffe la chaudière, des vapeurs enivrantes s'échappent vers un col-de-cygne, gagnent le serpentin où elles se refroidissent, se condensent : l'eau-de-vie distillée s'écoule, encore chaude... Au XIXe siècle, l'obtention d'un acquit, transmissible de père en fils, autorisait fermiers et métayers à produire leur « goutte ». Ce privilège fut souvent remis en cause : quelques motifs intransigeants qu'économistes et hygiénistes aient allégués, les ayants droit, non convaincus du bien- fondé de ce diktat, durent bientôt renoncer à siroter leur(s) tord-boyaux, sauf à payer une taxe jugée prohibitive.

De toute éternité, les breuvages grisants, capiteux, intriguèrent les peuples. Ambroisie et nectar assuraient aux dieux grecs l'immortalité ; aux guerriers d'Odin, les Walkyries versaient l'hydromel, gage de pérennité. Les apothicaires exaltèrent l'élixir de vie ; en lui agrégeant divers sucs et tubercules pulvérisés tels que le jalap aux effets purgatifs, des médecins en vantèrent les vertus thérapeutiques, tonifiantes ou anti- inflammatoires, quasi souveraines contre la douleur. Mais n'oublions pas qu'il y a près de trois mille ans, les Perses les premiers se seraient penchés sur les fragrances des plantes odoriférantes, telles les roses, dont ils auraient extrait les essences par distillation. Pour se concilier la faveur des divinités, les hommes leur offrirent des parfums de grand prix dans des vases d'albâtre ou d'onyx : ambre, nard, myrrhe, cinnamome, encens... Ces senteurs de rêve ne resteront pas l'apanage du sacré : très vite, elles embaumeront notre quotidien.

Tests

Sur la carriole tirée par un cheval bai, le cultivateur avait chargé les fûts, les dames-jeannes et les cornues tarabiscotées.

Les vignes ayant été parasitées par le phylloxéra, c'étai(en)t surtout les pommes que les Roisséens confiaient aux bons soins du distillateur ambulant.

Marc, ouzo, halbi, pulque, tequila, schnaps, grappa, kummel... quelque euphorisants que soient alcools et cocktails, ils conduisent les boit-sans-soif à l'éthylisme et au delirium tremens.

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Saison 2016-2017.

Echelon local, à Sissonne le 21 avril 2017.

Nombre de participants : 14

La dictée :

Le fabuleux destin de Charles Pathé

Le hasard l'amena à la foire du Trône où il découvrit avec stupeur le phonographe d'Edison. Fasciné, il entrevit sur-le-champ le profit qu'il pourrait tirer de cet instrument magique. Il emprunte pour en acquérir un semblable, s'initie aux subtils arcanes de son maniement, et le neuf septembre mille (mil) huit cent quatre-vingt-quatorze, il ose la gageure : ce dimanche matin là, il installe sa précieuse machine sur un char à bancs et l'emporte à la foire de Monthéty. À dix centimes la séance, les badauds accourent de toute(s) part(s). On se bouscule, on se piétine, des éloges dithyrambiques fusent. Les prix montent. Il parcourt tous les marchés, gagne des mille et des cents.

Mais Charles a l'âme plus commerçante que foraine. Il se rend à Londres et négocie phonographes et cylindres que les camelots s'arracheront à prix d'or. Le kinétoscope le séduit, le cinématographe l'enthousiasme. Un coq va chanter haut et clair la renommée des frères Pathé qui distribuent projecteurs et pellicules, réalisent les premiers films comiques et inaugurent le fameux "Pathé Journal". L'engouement du public pour le septième art ne se démentira jamais.

Que d'artistes de l'époque se sont laissé enregistrer ! Quels que soient les procédés employés, leur œuvres nous parviennent encore. Après tant d'inventions, ô combien spectaculaires, quelles autres merveilles le XXIe siècle nous réserve-t-il ?

Résultats :

Sissonne le 21 avril 2017

 

Nombre de sélectionnés pour l'échelon départemental : 10
Nos correcteurs

Echelon départemental, à Beauvais le 28 avril 2017.

Nombre de participants : 21 dont 10 Sissonnais

La dictée :

ÉLEVONS LA CULTURE

« Moi, architecte de la tour de Babel, j'en bave des ronds de chapeau! La jalousie effrénée de mes confrères babyloniens, les affres irraisonnées dues à la nouveauté, la trouille des soi-disant astronomes quant aux effets pernicieux des syzygies sur les cimes et les faîtes, la colère du peuple contre les dépenses exorbitantes et le surcoût des travaux, la crainte des dieux... Que de rebuffades et d'avanies j'ai essuyées! Combien de plans hardis, d'idées futuristes ai-je, sous la pression de l'intelligentsia (ou intelligentzia), abandonnés. »

« Mais enfin la tour grimpe. Dans mille cinq cent vingt et un jours, elle sera inaugurée par notre souverain. Je suis toutefois troublée par la confusion des langues. Jamais ziggourat n'a été bâtie par une main-d'oeuvre aussi mélangée. Les uns parlent l'akkadien, les autres ânonnent un vocabulaire entendu dans les music-halls phéniciens, dans les hittites parades (ou hittites-parades) et dans les panathénées importées par les Grecs. Quelle pétaudière! Mes oreilles de Mésopotamienne en sont tout écorchées, mon cerveau enchifrené. J'aurais bien aimé, afin que la tour de Babel s'élevât jusqu'à l'empyrée adoré, qu'entre-temps un esprit futé inventât la traduction simultanée... »

Résultats :

Renel Leroy finit à la deuxième place.

Beauvais le 28 avril 2017

 

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Saison 2017-2018.

Echelon local, à Sissonne le 26 janvier 2018.

Nombre de participants : 15

La dictée :

La victoire en chantant

Palsambleu! Voilà déjà une décennie que, d'arrache-pied, je vous rebats les oreilles avec les règles de grammaire! Alors, aujourd'hui, au pays des soieries si chères à tous les canuts, au coeur de la presqu'île, dans ce magnifique Opéra de Lyon vieux de trois siècles et naguère rénové, en avant la musique! Eclairez de vos lumières cet espace scénique aux dominantes ébène et accordez vos crincrins. Je ne souffrirai pas la moindre cacographie dans ma partition, où les mots aux notes se sont substitués. Si vous triomphez des embûches musicales de ce texte, vous conclurez cette journée par une victoire et, demain, vous concourrez pour la finale.

Fa, si, la... Chantez! Ne trébuchez ni sur les sol bémols ni sur les mi bécarres. Slalomez entre les anicroches malaisées ou autres lacs inextricables, et sachez distinguer les demi-tons des commas. Les bassonistes qui se sont révélés ici et les hautboïstes qui se sont produits céans vous interdisent toute fausse note. Et, si votre voisin enrhumé se laisse aller à trompeter, mettez-le au diapason plutôt que de l'avoir dans le collimateur. Quels que soient votre entêtement et votre sagacité, si vous perdez, vous susurrerez sans tambour ni trompette une mélopée. Mais, si vous gagnez, vous entonnerez l'hymne national, et c'est en grande pompe que vous vous verrez décerner les galons du maestro de l'orthographe!

Résultats :

Sissonne le 26 janvier 2018

 

Nombre de sélectionnés pour l'échelon départemental : 10
Nos correcteurs

Echelon départemental, à Avrechy (Oise) le 13 mars 2018.

Nombre de participants : 21 dont 6 Sissonnais.

La dictée :

Des écrivains sur le sable !

(Le Touquet, 1993)

Quiconque se balade au Touquet ne peut être qu'impressionné... Quelle que soit la saison, les activités y pullulent, toutes plus époustouflantes les unes que les autres : du char à voile à l'équitation, en passant par les jacuzzis bouillonnants de l'Aqualud, on n'a guère le temps de souffler ! À moins que, vu la fragilité de votre rachis, vous ne croyiez plus prudent de rôder sur la plage où, pour peu que l'aquilon l'emporte sur l'anticyclone, s'impatronisent les cerfs-volants. Rouges, marron ou jaune citron, ces derniers sont autant de taches de liesse dans le ciel — presque — toujours bleu de la station. Quoi qu'il en soit, thalassothérapie ou pas, les Touquettois du dimanche se disent dans le bain, tout ravigotés à l'aube d'une nouvelle semaine de travail !

Mais Le Touquet, c'est aussi une kyrielle de manifestations très courues, dont les médias nationaux se sont, en termes quasi dithyrambiques, fait l'écho : les quelque mille monstres de ferraille de l'Enduro, lesquels, dans un épouvantable tintamarre et sous les vivats d'une foule tout émoustillée, zigzaguent entre les dunes à la queue leu leu ; la joyeuse chienlit de la fête des Fleurs, quand caracolent de concert fanfares rutilantes et majorettes callipyges ; le Salon du livre, enfin, apogée incontesté de la saison culturelle ! On y rencontre une ribambelle d'auteurs, on y glane de-ci de-là des autographes convoités... Cette année, de fieffés masochistes s'y efforcent même d'échapper aux divers lacs qu'a tendus sur leur parcours un mordu d'orthographe. C'est qu'ici, quelque bronzés qu'ils soient, les touristes ne sont en rien des illettrés !

Résultats :

Avrechy le 13 mars 2018
Nos correcteurs
La salle

 

Le Champion et le Président

 

Nombre de sélectionnés pour l'échelon national :

Un seul, et c'est Renel LEROY notre champion !

Il représentera l'Aisne et l'Oise à la 6ème édition du
Concours National de Dictée à Obernai (67)
Les 4 et 5 juin 2018


 

Echelon National, à Obernai (Bas-Rhin) les 4 et 5 juin 2018.

33 participants venus de 18 départements.

La dictée :

Obernai juin 2018

 

Du Grand Dictionnaire Universel au Petit Larousse Illustré

Il est mort le 3 janvier 1875, des suites de trois congestions cérébrales qui se sont succédé entre 1871 et 1874 et qui l'ont terrassé avant qu'il eût fini de rédiger les tout derniers feuillets de son Grand Dictionnaire Universel. Il a été enterré au cimetière Montparnasse, sans que la nation l'honorât d'aucunes funérailles nationales qu'il eût pourtant méritées.

Mais sa renommée aussi vivace qu'une plante rhizomateuse a bien plus de prix que quelque mémorial que ce soit, et la jolie semeuse qui souffle les akènes d'un pissenlit, tout auréolée de la devise « Je sème à tout vent », reste la plus sûre et pérenne gardienne de sa mémoire. Ainsi symbolise-t-elle mieux que n'importe quel émoticône la propagation du savoir et de la langue française, en tout lieu, en tout temps et sous tous les climats. Créée par Eugène Grasset en 1890 pour agrémenter le Nouveau Larousse illustré, puis redessinée pour le lancement du Petit Larousse, elle est une inlassable prosélyte, qui, de sa grâce polymorphe entretient l'éternelle jeunesse de l'œuvre de Pierre Larousse, emblème intemporel de sa réussite.

Pourtant, entre le Nouveau Dictionnaire de la langue française de 1856 et notre Petit Larousse de 2017, que d'avatars a connus l'ouvrage! Ô combien de difficultés à surmonter pour ce jeune instituteur bourguignon frais moulu de l'école républicaine. Fureteur insatiable, esprit curieux et éclectique, héritier spirituel des Encyclopédistes - tout fils qu'il fût d'un père charron et d'une mère aubergiste, né dans une campagne reculée (le 23 octobre 1817) - il conçut très tôt le dessein ambitieux de révolutionner la pédagogie et de diffuser le savoir.

Dans l'auberge de sa mère, il a mis en sa mémoire olfactive le fumet de ses plats, mais il a aussi contracté le goût de la lecture, et ce, grâce aux livres qu'il chapardait en jouant au pirate auprès des colporteurs de passage, lesquels véhiculaient de petits bouquins à quatre sous, comme ce Robinson Crusoé qui l'a tant marqué.

Quoi qu'il en soit et quelque génial qu'il fût, son projet ne séduisit pas d'emblée. Il n'y eut pas moult célébrités du monde littéraire pour le saluer, exception faite de Victor Hugo et de Proudhon qui tous deux à maintes reprises l'encouragèrent et lui témoignèrent de l'admiration. On caquette, on cancane, on brait dans les salons où pédants et fats se rencontrent pour crier bêtement au canular en se gaussant à l'envi : « Qui l'eût cru? Qu'un petit instituteur de province veuille rivaliser de génie avec Diderot et d'Alembert! Quelle incongruité! Quelle outrecuidance ! »

Qu'importe! Que l'on caquette, que l'on cancane, que l'on croasse même ou que l'on braie ici ou là. Pierre n'en a cure. Il a de l'entregent, il saura plaider sa cause. Il convainc d'abord sa compagne, qui ne sera pas la moindre de ses acolytes, puis, avec l'appui fort précieux de son ami Augustin Boyer, comme lui poyaudin, comme lui instituteur rebelle, alors, sans atermoiement pusillanime, il se lance dans l'aventure, obtient son brevet de libraire - éditeur et fonde une maison d'édition, la « Librairie Larousse ».

La vidéo qui suit nous a été transmise par le "FR3 Alsace".

 

L'UNION du 21 juin 2018

 

Renel LEROY termine sur le podium à la 3ème place nationale, plus que jamais prêt pour faire encore mieux !

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Saison 2018-2019.

à Sissonne le 26 avril 2019.

Le nombre de participants insuffisant nous empêche de participer au challenge de la fédération, aussi c'est à l'échelon local que nous organisons notre propre challenge annimé par Renel Leroy. Nombre de participants : 9

Sous la dictée de Renel Leroy :

Obernai juin 2018

 

Café grammaire
(Calais - 2013)
dictée-bistrot au Singe en hiver.

Qui l'eût imaginé ? Boire ou écrire, on n'aurait donc plus à choisir ? Déjà, dans les années quatre-vingt-dix, un mastroquet périgourdin était devenu la coqueluche des magazines pour avoir prêché la croisade contre l'extinction de l'imparfait du subjonctif. Il avait fallu qu'on le vît pour le croire ! Et voilà qu'à présent on le singe — en été comme en hiver — sur la Côte d'Opale ! Un cabaretier calaisien, maire adjoint à ses heures, n'entrouvre-t-il pas l'huis de son estaminet pour proposer, à des ouailles moins illettrées qu'assoiffées de culture, une dictée en bonne et due forme ? C'est Bernard Pivot que la nouvelle aura rasséréné : chez cet amateur de beaujolais, en effet, le culte des grands crus l'a toujours disputé à la passion des mots. Et fi des oiseaux de mauvais augure qui concluront de ce qui précède que la langue française est plus que jamais... en rade !

Il ne s'agit d'ailleurs là que d'un retour aux sources : avant qu'il ne devînt, sous la plume intransigeante d'un Zola, cet assommoir où l'ouvrier allait perdre son âme et surtout sa paie, le café fut par excellence, au Siècle des lumières, le lieu où soufflait l'esprit... Combien de philosophes se sont plu, sans ambages superflues, à y refaire le monde ! Combien de joueurs d'échecs s'y sont révélés docteurs ès mats, rivalisant de roques endiablés et d'audacieux gambits ! Combien de sans-culottes, toute honte bue, y ont affilé leurs piques à l'envi, dans l'attente ô combien fébrile du Grand Soir ! Puissent les mânes de tous ceux-là, par la rumeur publique alléchés, venir éclairer la lanterne de notre savant auditoire ! Puissent-ils notamment inspirer celui qui, hier bourreau (ce Pascal*, quoi qu'on en dise, n'a rien d'un agneau), fait aujourd'hui partie des victimes ! Il ne manquerait plus que, tout à l'heure, ses commensaux saluent sa performance en entonnant en chœur : « Il est des nôtres, car il a bu la tasse comme les autres... »

(*) Allusion à Pascal Pestre, tenancier du Singe en hiver.

Résultats :

Un texte plein d'embuches, mais nous avons beaucoup appris pendant la correction.


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Projet en 2019

Suite aux différentes expériences passées, plusieurs adhérents semblent intéressés pour continuer l'expérience de la dictée, par exemple une fois par trimestre. Une mise en place s'impose !

Envoyez une inscription de principe au Bureau de l'association

 

 



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© Site du club "Génération Mouvements - Loisirs et découverte ". Dernière modification le 29/04/2019 à 14:02